L’avenir politique Grec semble s’éclaircir avec un récent sondage qui place la Nouvelle Démocratie en tête des suffrages lors des prochaines élections du 17 juin alors que c’était Syriza qui tenait la dragée haute depuis quelques temps. Rappelons que Syriza fait de l’abrogation du « memorendum » son cheval de bataille et le préalable à toute participation à une coalition gouvernementale.
Il semblerait donc que l’agitation du spectre d’une sortie de la Grèce de la zone Euro par l’ancien premier ministre, Lucas Papademos, semble atténuer les hardeurs du peuples Grecs qui s’est réfugié derrière de nombreux partis extrémistes lors des dernière législatives.
Une décision qui serait peut être plus sage compte tenu de la ténacité de la Troïka ainsi que des conséquences d’une éventuelle expulsion de la Grèce si elle tenait vraiment à revenir sur les engagements qui lui ont permis de bénéficier de 172 milliards d’Euros avec le plan d’aide I seulement. Des engagements pris par le Pasok et la Nouvelle Démocratie, des partis qui ont perdu le pouvoir en Mai.
En attendant la date fatidique du 17 juin, un gouvernement provisoire a été mis en place avec à sa tête un juge parlant Français et Allemand, Mr. Pikrammenos…
Ce vide politique a déjà eu pour conséquence la cessations des contacts entre la Grèce et le FMI dont la présidente a « osé » dire que les Grecs, et surtout plus plus riches, devaient payer leurs impôts…
Tableau des aides versées et à venir :
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Détail des apports financiers (milliards d’Euros) |
Plan I (Mai 2010)* |
Plan II (fevrier 2012) |
I&II |
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Etats de la Zone Euro |
52,9 |
52,9 |
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FESF |
144 |
144 |
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-Dont Reprise du plan I |
24,4 |
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-Dont Soutien au PSI* |
35,5 |
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-Dont recapitalisations |
48 |
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-Dont nouveaux prêts |
36,7 |
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FMI |
20,1 |
28 |
48 |
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Total |
73 |
172 |
245 |
*Somme déjà déboursée ** PSI(Private sector involvment ou restructuration de la dette Grecque)
Parallèlement à ces plans d’aide, la Grèce a bénéficié du PSI. C’est à dire que la Grèce a fait défaut sur 107 milliards de sa dette (soit 10 000 par tête Grecque). En somme, pour 1000 euros apportés à l’échange, les créanciers privés de la Grèce sont repartis avec 315 euros en obligations d’État Grec et 150 euros en obligations du FESF. La perte en valeur faciale est de 53,5% et dépasse 70% en valeur actuelle nette,compte tenu notamment de l’étalement des échéances et de la réduction des taux d’intérêt accompagnant l’échange (2% les trois premières années, puis hausse par pallier capée à 4,30%).
Sur ce qui reste, voici le tableau des créanciers officiels de la Grèce :
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Créanciers |
(milliards d’Euros) |
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BCE* |
126 |
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FESF |
73 |
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Etats de la Zone Euro |
53 |
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Banque de Grèce** |
49 |
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FMI |
22 |
*Dont programme de rachat d’obligations sur le marché secondaire (47 M) et prêts aux banques (79 M) **Prêts d’urgence aux banques Grecques
Les perspectives Grecques sont donc sujettes à la plus grande incertitude avec Syriza et la Nouvelle Démocratie qui se tirent la bourre dans les sondages. Néanmoins, si l’Allemagne reste inflexible, cette dernière pourrait bien consentir à des ajustements à la marge en étalant par exemple la période de redressement des comptes budgétaires primaires (qui devraient être enfin en excédent en 2013…) ou bien les remboursement d’intérêts. En effet, en dépit du cadeau PSI, le service de la dette représente toujours 15 % des recettes du pays, soit 13 milliards d’Euros.
En ce qui concerne les banques Grecques, ces dernières ont été recapitalisées ce vendredi grâce à des émissions obligataires du FESF. Des obligations qui permettront à la Grèce de retourner au guichet de la BCE pour les opérations normales de liquidité. 18 milliards ont été versés ce vendredi 23 Mai, un mois après que ces fonds aient été mis à la disposition du fonds de stabilisation Hellénique alors que les Grecs commencent à retirer leurs billes des banques Grecques…
Mais enfin, la position débitrice de la banque de Grèce se monte à plus de 100 milliards vis-à-vis des autres institutions de l’UE et notamment de la Bundesbank au sein des comptes TARGET 2. Des positions internes à l’Eurosystème mais qui devront être prises en compte en cas de sortie de la Grèce de la Zone Euro. La Bundesbank dit que la situation est gérable mais il est fort probable que les pare-feux Européens devront être renforcés (LTRO, FMI, MES, BCE…).
Un joyeux bordel donc, qui devrait forcer les différentes parties prenantes à trouver un terrain d’entente…